Coucou vous !

J'ai décidé de vous dire la vérité, mes absences, mes tentatives de retour, et cette nouvelle vie. Palpitante, étrange, goût amer .... bref tout ça, tout pourquoi....

Il y a quatre ans, courant juillet, ma vie a commencé à partir en vrille. Je me suis éloignée de la personne avec qui j'étais depuis 2012, pour finalement le quitter. Harcèlement de ses amis, de lui, bref, j'ai vécu un enfer. Puis fin octobre, j'ai craqué. J'ai voulu, pour la première fois depuis longtemps, en finir avec cette vie.

Depuis quelques temps, je m'étais liée d'amitié avec un homme qui vivait un divorce difficile, et ce soir là, c'est lui que j'ai appelé. 
Beaucoup de personnes autour de nous disaient que ça crevait les yeux que nous étions amoureux, mais l'un comme l'autre n'avions aucun sentiment en ce sens. Une vraie amitié, c'est sur, mais entre nous, il n'y avait aucune ambiguïté, aucune arrière pensée, nous n'avons d'ailleurs jamais eu de gestes de séduction.
Puis ce 23 octobre 2016, gros drama et il vient me réconforter... je crois qu'il avait vraiment peur pour ma vie.

de fil en aiguille, après de longues heures a discuter, la question fatidique s'est posée "ont-ils raison ? existe-t-il entre nous quelque chose que nous n'avons pas vu ?"

En gros, pas d'ambiguïté depuis des semaines, de l'ambiguïté pendant une dizaine de minutes, et plus d'ambiguïté du tout, puisque nous sommes mariés. C'est à cette date, et seulement cette date, que notre histoire à démarré.

Mais vie compliquée, il a une fille de son côté et après un an de séparation d'avec son ex-femme, il n'avaient ni l'un ni l'autre demandé le divorce. Elle avait des soucis financier, et mon mari ne voulait pas la couler avec une dissolution de communauté. Nous avions d'ores et déjà décidé que si nos enfants ne s'entendaient pas ensemble ou si mes enfants ne l'aimait pas, ou sa fille ne m'aimait pas, peu importe nos sentiments, notre histoire s'arrêterait. J'ai rencontré sa fille, il a rencontré mes enfants, et il se sont rencontrés... et c'était génial. On s'entendait tous très bien. Sa fille m'avait confié que sa maman n'était pas une maman comme moi. Qu'elle ne jouait pas tellement avec elle, qu'elle ne passait pas beaucoup de temps avec elle, qu'elle n'était pas très câline. Ce sont ses mots. Alors elle a trouvé en moi un réconfort. mais on en reparlera plus tard.

Ils ont entamé leur procédure de divorce début 2017.

C'est à partir de ce moment là que j'ai commencé à vous quitter...

En faite, son ex-femme s'est mis en tête que nous étions ensemble avec le mari depuis bien plus longtemps que cela, elle s'est mis en tête que les changements qu'il a souhaité apporter au mode de garde avec sa fille, que c'était moi qui les avait décidé. Alors que sa fille alternait de domicile tous les deux ou trois jours, alors que mes enfants étaient en garde alternée classique, une semaine chez chaque parents.

Puis, que limite il l'avait trompé avec moi. Que + de 7 ans avant, j'étais partie avec lui enregistrer son album en Allemagne ...

Mais d'où ça sort tout ça ? Le soucis, c'est qu'elle a commencé a mettre toutes ces conneries dans la tête de sa fille. Et pour couronner le tout, elle a commencé a me suivre sur les réseaux. Et ici ...

Par exemple, l'article que j'ai posté sur mon tatouage, avec cette photo magnifique faite par le mari. Et bien cette photo s'est retrouvée dans le dossier qu'elle a constitué auprès du juge pour évoquer la garde de leur fille. Elle a tenté de me faire passer pour une mauvaise personne, vulgaire, et j'en passe, un mauvais exemple pour sa fille, bref, le sacre-saint diable en personne. Je ne suis pas le diable. Promis.

Elle ne payait pas ses crédits ce qui a valu que pendant presque deux mois, tous les jours de la semaine, nous avions un appel de l'organisme de son crédit voiture.... parce que n'ayant pas encore leur dissolution Régulièrement, et même encore aujourd'hui, nous recevons des courriers de crédits impayés. Nous avons d'ailleurs dû assumer financièrement plusieurs de ses relances...

Un jour, nous avons même eu la surprise de  voir des huissiers débarquer, pour la taxe foncière de leur ancienne maison, qu'elle a toujours occupé, et qu'elle s'était engagée à payer ... et quand nous nous sommes retrouvées face à face, je lui ai dit que des meubles et objets avaient été inscrits sur la liste des choses saisissables, qu'il fallait qu'elle paie ses dettes parce qu'il n'étais pas question que je paie pour elle, elle m'a rigolé au nez en disant qu'elle s'en fichait totalement. Au contraire, j'ai même ressenti que ça l'amusait beaucoup de me voir moi aussi, avoir des ennuis à cause d'elle. 
Mais je le sais, elle voyait son ex-mari refaire sa vie, trouver une femme avec qui il était heureux, et son égo avait mal de ça.

petite aparté : Le mari s'est retrouvé seul un jour chez eux, il venait de coucher leur fille, elle était en soirée avec des copines encore une fois, ou partie en déplacement pro, je ne sais plus, mais il avait l'impression de s'être retrouvé. Il s'est assis sur leur canapé, face à lui même. Pour reprendre ses mots il avait "le sentiment d'avoir retrouvé un vieux pote qu'il avait perdu depuis longtemps". Du coup, il sont partis après ça en vacance en Italie, et suite à une altercation entre eux, elle lui aurait dit qu'elle voulait divorcer, elle s'attendait à ce qu'il réponde "mais non, on va arranger les choses". Sauf qu'il a répondu "ça tombe bien, je voulais t'annoncer que je voulais divorcer en rentrant de nos vacances". 
Elle misait sur le fait que pour le mari, le mariage n'est pas un engagement à la légère.  


Quelques temps après, nous avons été cambriolés. Nous n'accusons personne, mais pour rester factuelle, c'était très étrange... On nous a volé télés, consoles. Mais TOUTES les guitares sans valeur marchande ont été volées, en gros, la plupart du matériel qui composait le projet musical de mon mari, qu'il avait commencé en étant toujours avec elle... mon violon, lui n'a pas bougé alors qu'il était à côté. Mes bijoux non plus n'ont pas été volés alors qu'ils étaient dans ma boite à bijoux, visible, à côté du frigo. Il fallait savoir où étaient les guitares de mon mari... au total, 9 sont parties. Même les gendarmes qui se sont occupés de notre cambriolage ont trouvé ça très étrange. Heureusement, nous étions en déplacement pro, et mon mari avait une guitare avec lui, il a donc pu continuer à travailler... ils ont même volé la guitare 3/4 de mon fils. Le rapport nous dit que ce qui a été volé concerne tout ce qui nous oblige à mettre la main au portefeuille avec des enfants (télé...) et tout ce qui avait une valeur sentimentale.
Un cambrioleur "classique" vole ce qui est petit et qui peut financièrement lui rapporter... donc du liquide s'ils en trouvent, des bijoux ... mais pas des claviers synthétiseurs ou des guitares sans valeur ... Une des guitare sans valeur avait été offerte par sa maman, qu'il a perdu il y a des années ... la douleur est insurmontable. Alors ça rajoute des doutes au mal, et je sais que c'est une douleur immense pour la fille de mon mari, parce qu'elle était, à ce moment là, parfaitement consciente que tout ça était bizarre... Mais son coeur ne pouvait pas croire que ce cambriolage avait été orchestré par des proches à elle. Mais nous n'avions jamais parlé de ça, de nos soupçons devant elle. C'est un soir qu'elle a demandé si c'était possible. Elle posait pas mal de questions sur les retours de la gendarmerie, et j'avoue que moi aussi, j'ai beaucoup trop de mal à le croire.
Tu peux détester quelqu'un, de toutes tes forces, vouloir le détruire, mais de là à faire voler des choses offerte par sa maman décédée ? je ne peux pas le croire. Je ne VEUX pas le croire. 
Je n'ai jamais jugé cette personne sur ces agissements, je me suis contentée de rester dans les faits. L'analyse des situation pour que personne ne s'emballe et n'accuse, pour éviter au maximum que les uns et les autres se fassent du mal. Alors même si je ne la porte pas dans mon coeur, parce que je pense que certains agissement sont indignes d'une mère aimante comme tout faire pour séparer l'enfant de son père quand le père en question n'est pas un psychopathe alcoolique violent, je ne peux pas me dire qu'elle est à l'origine, de près ou de loin, de ça ...

Ce que je peux dire objectivement, c'est qu'elle a eu des propos manipulants, qu'elle ne se remet jamais en question. Elle porte des accusations mais ne se pose jamais la question des conséquences de ses actes, de ses propos... Elle porte sa part de responsabilité dans le mal-être que connaît aujourd'hui leur fille.

Personnellement, je suis plutôt l'inverse, je me remet toujours en question, je me demande constamment quelle est la portée de mes actes, j'essaie toujours de voir les choses et les situations sous des angles différents pour ne pas réagir à chaud... bref on passe à la suite :

Mais pendant tout ce temps, nous avions reformé une famille. Là où nous pensions que sa fille s'éloignait et ne voulait plus de notre relation, elle nous a supplié de nous marier. Elle nous disait "j'en ai marre d'entendre que tu n'es rien pour moi, que je ne dois pas te faire de câlins, je veux que tu deviennes officiellement ma belle-mère".
Alors même que nous avions décidé de ne jamais nous marier, je ne voulais pas me marier, et le mari a suffisament souffert des frasques de son ex-femme pour ne pas avoir eu envie de se remarier non plus, c'était clair entre nous. Puis elle nous l'a demandé pendant des jours et des jours.
Et nous avons commencé à préparer notre mariage. elle a assisté à mon premier essayage de robe, elle était ravie... j'aimerai tellement pouvoir vous montrer des photos, pour me souvenir de cette relation où nous étions si proches, pour le lui rappeler aussi, parce que je crois que dans son coeur, elle a oublié...

Je ne lui en veut pas, elle ne pouvait pas faire autrement.

Elle a menti. A son père, à sa mère. Elle disait ce que chacun voulait entendre. Et ça me rend triste qu'un enfant soit à ce point coincé dans un conflit de loyauté. Sa mère nous insultait tout le temps, elle m'insultait, mentait sur des conneries pour que "ma princesse" (comme ça me fait mal d'écrire cet article... vous n'imaginez pas....) s'éloigne de nous.

Elle ne pouvait pas faire autrement que de s'éloigner, d'ailleurs.
Alors elle n'en pouvait plus, elle s'est retrouvée, en 2018, dans un enfer sans nom. Sa mère lui disait des trucs et elle se rendait compte qu'il s'agissait de mensonges... elle a donc souhaité rester vivre avec nous pendant quelques temps. Elle ne voulait plus parler à sa mère. Et chaque appel tournait mal, elle m'a donc souvent demandé d'être présente pendant ces appels. Ça s'est retourné contre moi. Ma princesse a retourné ça contre moi auprès de sa mère, en disant que c'était moi qui voulait être là à chaque fois.

L'ex madame à donc sauté sur l'occasion. Et a véhiculé à qui voulait bien l'entendre que je voulais prendre sa place. enfin ça elle le disait depuis longtemps.
Mais quand tu as une jeune fille, qui te confie des trucs hyper intimes sur ses ressenti, sur son parcours, sur sa relation avec sa mère, et qu'elle te dit ouvertement que tout ça la fait souffrir, alors tu restes pas là à lui dire "c'est pas mon problème". Oui, je n'ai pas laissé cette enfant souffrir, je l'ai écouté, patiemment, je l'ai poussée à contacter sa mère, à lui ouvrir son coeur, à lui dire tout ce qu'elle ressentait, qu'une maman allait forcément être sensible à ces mots, à ces maux...

Mais nous ne saurons jamais si tout ce qu'elle m'a dit, puis nous a dit, étaient une armée de mensonges ou un vrai cri du coeur.

Je ne lui en veut pas, je ne lui en veut plus.

ça fait maintenant deux ans que je n'ai pas vu ma princesse. Elle me manque. Et ça fait maintenant 4 ans que je me suis éloignée de vous, vous me manquez. Mais tout est lié.

Ma belle fille est repartie chez sa mère après cette période chez nous, parce que nous l'avons encouragée à y retourner. J'ai fait énormément de pédagogie autour de cette situation... 
Et elle a téléphoné à son père le mercredi ou le jeudi des vacances de la Toussaint, en nous disant "j'ai trop hâte de rentrer samedi"... et pendant deux mois, pas de nouvelles.
Pendant que sa mère lui racontait que son père s'en foutait et ne cherchait pas à prendre de ses nouvelles, le mari de son coté retournait la planète entière pour savoir même ou elle était. Ex-madame l'avait déscolarisé pendant deux mois, elle n'est retournée au collège, le même que ma fille, que deux jours avant les vacances de Noel. 
 

Après ça l'enfer. Des mensonges, des tonnes d'ordures verbales déversées pour rien. 4 mois sous morphine.
Un mariage a préparer dans le même temps. Parce que nous ne voulions pas donner à ex-madame le pouvoir de nous séparer.

Elle avait décidé de détruire mon mari, et le seul moyen de l'atteindre, c'était de lui enlever ce qu'il avait de plus précieux : sa fille.
Bravo, tu as réussi, il est détruit. Je ne sais pas ce que tu racontes à M. désormais, et tu l'as sans doute aussi détruite de l'avoir séparé de son père qui s'est toujours occupé d'elle, qui avait donné sa vie pour elle. mais félicitations, tu as gagné. est-ce que cela te rend heureuse pour autant ?

Et si j'ai décidé de vous raconter tout ça aujourd'hui, à vous, ceux que j'ai délaissé à cause d'elle, c'est parce que j'ai décidé que c'était terminé. Elle n'a plus de pouvoir sur moi.

Nous avons déménagé, changé de région complètement, parce que c'était beaucoup trop dur de vivre si proche de son précieux, sans qu'il ne puisse la voir. 
Nous essayons de survivre à cette situation. Quant à moi, je me suis en quelque sorte dédoublée dans mes activités sur le net.
J'ai totalement créé quelque chose de nouveau. Quelque chose où l'ex-madame ne vient pas mettre son nez, du moins si c'est le cas je ne le sais pas... 
Mais j'ai décidé de revenir. Elle lit ? Tant pis. Ce n'est pas mon problème. J'en ai assez de me punir de faire des choses que j'aime profondément, de me taire sur ces quatre dernières années, de vous pondre un article de temps en temps histoire de ne pas perdre le lien.

C'est terminé. En faite, depuis que je n'ai plus vu ma belle fille, depuis que j'ai eu vent du fait qu'elle avait su des choses par le biais de mon blog, comme le fait que nous avons dû dire au revoir à notre chat noir d'amour, j'ai eu peur que l'ex-madame se serve de n'importe lequel de mes articles pour tourner les choses à son avantage auprès de ma princesse. Qu'elle utilise mes loisirs créatifs, pour lui faire croire que nous sommes heureux sans elle.. Parce qu'ici, je ne montre que ce que je veux. C'est ma bulle d'évasion, alors je ne vais pas poster ce qui fait mal. Je ne partage que du beau, du rose et des paillettes ... ce qui me plaît... pas le reste.

Habituellement, le reste, je le garde pour moi, je laisse mes soucis entre les murs de ma maison... 

Ce qui m'amène à ça ... 


 

Toute vérité est-elle bonne à dire ?

Ma princesse ...

J'espère qu'un jour, tu pourras lire ces mots toi-même, et comprendre ce qu'ils sont, sans être influencée par quiconque... 

D'abord, je t'aime. Peu importe le reste.
Je t'écris ici parce que tu as verrouillé tout le reste ... je ne peux pas t'écrire ailleurs.

Je ne vais pas te parler du passé. Il est là. c'est fait. Il fait mal.

Mais je ne peux pas te laisser croire que nous avons déménagé pour vivre heureux sans toi. Peu importe qui te laisse penser ça, que ce soit des personnes qui t'entoure, ou ton ressenti, c'est un mensonge.

Nous n'avons pas déménagé pour vivre heureux au soleil, avec mes parents, pour faire une magnifique famille sans toi.

Ma princesse... nous avons fuis.
Cette situation, cette douleur, cette maison où tu as été avec nous et dans laquelle tu étais partout... 
Cette souffrance de ne plus t'avoir dans nos vies et si forte.

La maison dans laquelle tu avais désormais choisi d'évoluer n'était qu'à 15 minutes de chez nous. Quelle souffrance de te savoir si proche. De ne pas pouvoir venir te serrer dans mes bras, (dans nos bras... ), ce canapé dans lequel nous nous sommes lovées si souvent pour parler de tout et de rien, mais aussi de ce qui te faisait mal. Ce canapé était vide.
Nous n'avons jamais remis les pieds sur une brocante. La dernière, c'était avec toi. Nous ne pouvons pas. Le mot "Totem" n'a plus de sens sans toi qui répond en sautant, en levant les bras, et en gloussant de joie. Nous n'avons quasiment pas fait de jeux de société, maximum 10 fois en deux ans et je suis généreuse... Et les kits de créations de bougies, de bracelets et autres bricolages en tout genre sont restés dans le placard dans lequel ont les a tous les 5 rangés en arrivant dans notre ancienne maison.
Rien n'est plus pareil. Nous n'avons plus jamais pique-niquer. En tout cas pas seuls. Nous avons découvert une cénote proche de chez nous, et nous avons voulu la montrer à mes parents. Nous voulons laisser mon père partir avec de belles images. Tu nous as tellement manqué pour ses 93 ans en septembre dernier. Tu aurai vu ça, ma mère à carrément fait venir une troupe de théâtre dans le jardin ... tu aurais tellement ri. 

Ton rire. Parfois il était trop fort et exagéré, si tu savais comme je hurle de désespoir de pouvoir à nouveau l'entendre. Je te promets de ne plus jamais te dire que tu exagères. parce que tu as raison. Maintenant que je connais cette si grande souffrance, rire à outrance est trop bon...

Et notre mariage... tu étais si enjouée lorsque pour la première fois, je partais à l'abattoir essayer des robes. Tu m'as énormément soutenue, comme S. et ma mère. Mais sans toi, toi qui voulait absolument nous voir nous marier, ça n'aurait pas été pareil. Tu voulais faire de moi ta "vraie belle-mère", celle dont personne ne pourrait contester l'existence dans ton coeur.
Tu as fais de moi une belle-mère, avec un coeur qui vide qui saigne sans belle-fille.
Et au fond de ton coeur, j'espère qu'il reste un peu de ça. J'espère que ce que nous avons vécu ces deux merveilleuses années, suffit pour que ton coeur soit heureux que ce soit moi, la femme de ton père.

Je pense à toi presque tous les jours. Je dis "je" parce que je ne parlerai pas au nom de ton père....

Je t'aime si fort et peu importe le reste, peu importe les mensonges, les non-dits. Tu me manques cruellement. Moi aussi j'ai fuis. Cette vie, si proche de toi sans pouvoir te voir, devenait beaucoup trop lourde à porter.

 Je me demande ce que tu vis, quelles sont tes amitiés, quels sont tes amours, comment s'appellent les chevaux que tu montes dans ta nouvelle école. Quel est ton préféré. Si même tu t'y sens bien. Si la séparation de vivre en internat n'est pas trop dure à vivre.

Je regarde nos nouveaux canapés, dans ce salon si vide de toi, de tes rires, de tes cris de joie, de ton odeur. 
Je sais que ta tête est remplie d'informations qui t'ont trompées, qui font que tu es perdue.
Mais je sais qu'au fond, quelque part bien enfoui, ton coeur se souvient.
Je me demande ce que tu me dirais aujourd'hui, blottie dans ces canapés inconfortables, au sujet de la relation avec tes grands-parents, s'est elle arrangée ? Je te le souhaite ... 
J'ai su que ton chien était avec Nounoutte, j'ai énormément pensé à toi, j'ai essayé de te soutenir pour la souffrance que tu pouvais ressentir, et je ne saurai jamais si mes pensées chaleureuses sont arrivées jusqu'à toi ...
Nous avons vécu tellement de beaux moments, tellement de complicité. Tu te souviens quand Monsieur est allé travailler, que C. était chez son papa et que nous nous sommes couchées toutes les trois avec S, devant la télé, qu'il y avait de l'orage et qu'on racontait des bêtises pour se rassurer ... ?
Où même ce lac que nous avons squatté pour faire notre pique nique de pâques ? Vous aviez ramassé des cerises tout au fond ... nous n'avons pas cherché d'oeufs de pâques après ça. Nous en avons achetés, nous les avons donnés, mais ... pas cherchés.

Alors tu vois, la vie sans toi n'est pas rose, nous souffrons chaque jour de ton absence. Ici, il y a une chambre pour toi qui t'attends, c'était une condition pour l'achat de cette maison, que tu puisses avoir un espace bien à toi... 
Chacune de nos démarches au long terme est réalisée pour que tu aies ta place. Je me bagarre d'ailleurs légalement, parce que je suis seule propriétaire de la maison, mais je veux qu'il t'en revienne ta part. C'est ce que nous avons scellé lorsque nous avons décidés de nous marier avec ton père. Il n'y a pas de contrat, pas de différences entre vous trois... juste un énorme vide qui j'espère, avec le temps, s'en ira.
 

J'espère si fort que tu reviendras vers nous, qu'on ne parlera plus de ce qui a été, pour ne voir que ce qui sera... et que l'avenir se construise avec toi. Que ce soit un tout petit peu de toi, beaucoup de toi, tout ce que tu seras prête à de nouveau nous donner. On peut aimer différamment avec la même intensité. Bien sûr que tu n'as pas ma fille, tu n'es pas mon sang. Et même si je t'aime comme une belle-fille, que ce sera toujours différent de l'amour que je porte à mes enfants, il n'en est pas moins fort. C'est juste différent.

Ils ne peuvent pas te le dire mais sache que tu manques énormément à mes parents... ils n'ont pas rangé dans un coin le cadeau que tu leur a ramené d'Italie.
Mon bracelet de lave n'est pas à mon poignet, je te demande pardon. C'est trop dur. Mais il est soigneusement rangé.
Je suis devenue tata de deux jumeaux pendant le premier confinement, eux aussi auraient aimé t'avoir pour cousine. 

Voilà. Tu sais tout. Nous ne sommes pas parti pour une vie sans toi. Nous avons fuis parce que c'était trop dur de vivre sans toi dans cet endroit ou chaque lieu avait un souvenir avec toi.
J'ai hâte de chanter encore avec toi, ta voix a dû changer... comme je rêve de l'entendre de nouveau.

Tu connais l'essentiel de mon message, et si tu passes encore ici, saches que non, ce n'est pas parce que je fais "des trucs des bidules et des machins", ce n'est pas parce que ma vie est paisible sans toi. C'est parce que je ne peux pas perdre ça en plus... Mais quand l'écran s'éteint, quand on dine, quand on fait les courses, quand on fait une raclette, quand on range, quand on regarde un film, quand on essaie de rire, la présence de ton absence est toujours là.

Je finirai par te dire que je t'aime, et que j'ai hâte de te serrer de nouveau dans mes bras. Sans un mot. Laisser nos battements de coeur, nos souffles, nos soupirs et la tendresse, nous dire tout ce que nous avons à nous dire : L'amour et le manque.

Je t'embrasse tendrement sur le frond, comme avant. Je t'aime.

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