« Faire piquer » , « abandonner », « ne plus assumer » ...

Toutes ces phrases me semblent tellement loin de ce que nous avons vécu la semaine dernière.

Lady, notre boule de poil adorée, avait plus de 22 ans, mon mari ayant arrêté de compter... 
Et quand on aime son animal, prendre cette décision devient une torture mentale. Elle ne souffrait pas physiquement, c’était principalement de l’inconfort... Mais pour elle, il a fallu lâcher prise, la laisser s’en aller. 
Elle a eu une belle vie, entourée d’amour. 

L’euthanasie, je ne l’avais jamais vécue. Et j’ai trouvé notre vétérinaire d’une compassion incroyable. Notre chat nous a quitté dignement. Elle était si vieille, si fragile, que la simple anesthésie avant l’injection létale l’avait déjà emportée. Dans la douceur, dans la dignité, elle est partie dans l’amour, entourée.

Ce que j’ai pu ressentir pendant ces jours difficiles, avant, lorsque ses reins ont « lâchés » , puis quand le vétérinaire nous a dit que si nous décidions d’arrêter, ce serait légitime, bref toutes ces étapes ont réveillés en moi des sentiments très ambivalents.
Lorsque nous avons choisi qu’elle avait le droit de s’en aller après une vie aussi longue, il a fallu, rentrer avec elle pour que les enfants puissent lui dire au revoir. C’était dur de leur annoncer le pire. De leur expliquer que non, on n’abandonnait pas, que ce n’était pas pour ne pas subir les désagréments de la situation mais bel et bien pour elle, pour ne pas attendre qu’elle souffre pour agir. Parce qu’elle ne souffrait pas, mais ça serait allé vite. Elle sentait l’urée depuis très longtemps, nous avions renoncé à sa toilette, elle avait donc des petits abcès un peu partout sur ses muqueuses, c’est d’ailleurs cet information qui nous a poussé vers sa libération.
Mais c’était dur. Et une semaine après jour pour jour, ça l’est toujours. 

Et à notre retour, la caisse vide, il a fallu gérer notre autre chat, qui cherchait désespérément son amie. 

Je pense qu’aimer, ce n’est pas vouloir garder près de nous à tout prix. Même si c’est dur.

Je reviendrai vers vous, parce que je vous aime, et chaque fois que la vie sera encore dure, elle me conduira vers vous. Pour partager parfois le mauvais, autant que le bon de mes créations.

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